Respig Témoin du CRIM - Respig
 

Mycoplasmose et Pneumonie enzootique

Respig
Respig
L'agent appartient à la famille des plus petits organismes vivants non viraux : les Mycoplasmataceae.
Cette famille est responsable d'affections plutôt chroniques dans de nombreuses espèces. Chez le porc, 4 Mycoplasmes sont principalement retrouvés ;
Mycoplasma hyopneumoniae, (M.h.), le plus fréquent est responsable de la pneumonie enzootique.
Isolé en 1965 par Whittlestone et Switzer, c'est l'un des germes les plus répandus en élevage porcin.


Conséquences de la présence de la Pneumonie enzootique sur un élevage
1- Sanitaires
En affaiblissant la résistance du système respiratoire, M.h. ouvre la voie à de nombreux autres germes. A ce titre, il joue un rôle majeur dans le Complexe des Maladies Respiratoires du Porc.

2- Economiques
Les pertes directes et indirectes induites par la présence de M.h. peuvent être lourdes :
- Augmentation des frais de traitement pour maîtriser les épisodes de troubles respiratoires.
- Impact sur les performances de croissance :
+ 10% de surface pulmonaire lésée, c'est 20 à 40 grammes de GMQ perdu.
- Désorganisation de la conduite tout plein/ tout vide en un cercle vicieux auto-aggravant.

+10%de surface pulmonaire lésée , c'est 20 à 40 grammes de GMQ perdu

Traitements
Les traitements antibiotiques doivent souvent prendre en charge M.h. et un ou plusieur(s) germe(s) de complication, ce qui les rend onéreux. De plus, l'omniprésence de M.h. sur nos élevages occasionne de fréquentes relances qui multiplient les interventions nécessaires (utilisation très contestable du traitement séquentiel).

Prévention
SANITAIRE
Le système tout plein/tout vide, l'absence de mélange, le respect des normes d'élevage et une pyramide des âges équilibrée limitent l'expression de la maladie et réduisent le risque de complication.

VACCINALE
Les vaccins contre M.h. sont apparus depuis une dizaine d'année.
Ce sont des vaccins inactivés qui n'empêchent pas la colonisation du poumon, mais réduisent l'étendue des lésions pulmonaires.
De très nombreux protocoles vaccinaux sont possibles (1 dose, 2 doses, en maternité, en post-sevrage...) et pour en tirer le meilleur parti, il semblerait utile de mieux connaître, élevage par élevage, la situation réelle de la maladie (impact, moment de contamination, statut immunitaire du troupeau de truie...). Il semble qu'en situation sanitaire complexe en élevage (P.R.D.C.), il soit préférable d'envisager un protocole vaccinal en deux injections.

POUR EN SAVOIR PLUS :
1- Modes de transmission
Entre élevages, elle peut s'effectuer par voie aérienne dans quelques cas, mais surtout par introduction d'animaux porteurs.
Entre animaux, la transmission se fait de groin à groin à tous les stades de l'élevage, même si la maladie s'exprime surtout en engraissement.

2- Pouvoir pathogène
M.h. colonise progressivement bronches et bronchioles et provoque la destruction du système d'épuration muco-ciliaire, le mécanisme de défense du poumon chargé d'évacuer vers le haut les éléments indésirables dans l'appareil respiratoire (poussières, bactéries...). Il provoque aussi une réponse immunitaire qui comprime les bronchioles et diminue la capacité pulmonaire. La persistance dans le poumon peut être assez longue, mais après cicatrisation, il s'installe une protection durable.

3- Symptômes, lésions
En l'absence de surinfection, l'atteinte par M.h. se traduit par une toux parfois quinteuse, une hyperthermie légère. Beaucoup d'animaux sont atteints mais la mortalité est faible.
Ces symptômes régressent en 2-3 mois. Les lésions de pneumonie et d'atelectasie évoluent dans le même temps pour laisser un sillon cicatriciel. Malheureusement, en conditions d'élevage, les complications sont multiples et fréquentes (Pasteurella, Haemophilus...) et créent des pneumonies bien plus sévères et durables, parfois des abcès et des pleurésies.
La mortalité est accrue et les répercussions sur la croissance importantes.

4- Diagnostic
De nombreux outils sont à notre disposition pour identifier M.h. : observation des lésions lors d'autopsie ou à l'abattoir, culture, immunofluorescence, histologie, PCR et sérologie.
La combinaison de plusieurs de ces méthodes est nécessaire pour bien évaluer la chronologie et l'impact de la maladie sur un élevage.
 
  Avertissement  |  Confidentialité  |